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Retour à la réalité - ft. Charlie Moore

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Mar 27 Mar - 20:04
Retour à la réalitéft. Charlie Moore
WALKER
Isaac
MOORE
Charlie
Quelque chose cloche.
Je regarde autour de moi, songeur.
Waterside, cette ville que je connais depuis toujours, j’ai l’impression qu’elle a changé. Mais je ne saurais dire quoi.
J’ai pourtant l’affreuse impression que ça devrait me sauter aux yeux.
Toujours sur le seuil de l’hôpital, je glisse les mains dans les poches de mon manteau.
Et là, ça me saute aux yeux, enfin. Ou plutôt aux mains.

« Diantre ! Mais ce n’est guère mon manteau ! »

On m’a donc donné le manteau d’un autre !
Et puis je suis sûr que ce doit être de la basse qualité… Bah, je n’ose même pas vérifier.
D’un pas décidé, l’air renfrogné, je fais demi-tour et retourne dans l’hôpital, les portes coulissantes s’écartant pour me laisser passer.
Je m’arrête quelques pas plus tard, dans le hall de l’hôpital, sous le regard intrigué de la dame à l’accueil.
Les portes.
Je me retourne, et les vois se refermer. Se refermer seules.
Doucement, les sourcils froncés, je me dirige à nouveau vers l’entrée.
Et là, juste sous mes yeux, les deux panneaux de verre s’ouvrent sans un bruit.
Je déglutis.

« Qu’est-ce que… »

Je me retourne, et lance un regard affolé à l’infirmière passant par là.

« Vous… vous avez-vu ? Les portes ! Elles s’ouvrent seules ! »

Et alors que je m’attends de sa part à une réaction peu ou prou semblable à la mienne, elle me regarde, dubitative, puis d’un air hésitant, me répond :

« Euh… Bien sûr, monsieur... C’est pour que ce soit plus simple pour les patients, vous savez… »

Elle toussote, l’air gênée.
Quelque chose cloche.
Je ne sais pas quelle sorcellerie est à l’œuvre, mais cette demoiselle semble trouver ça… Normal.
C’est louche, très louche. Je vais devoir enquêter sur tout ça.
Mais avant toute chose, il ne faut pas se faire remarquer.
Je lance un grand sourire à la jeune femme.

« Aaah mais oui bien sûr, quel imbécile je fais ! Bien sûr… ! »

Puis je tourne les talons, encore une fois, pour m’éloigner de ce lieu un peu trop étrange. Dire que j’ai été soigné ici. Qu’ont-ils bien pu me faire ?
Et puis en y repensant… « Plus simple pour les patients ». Et puis quoi encore. Quel travail resterait-il aux portiers ? Quelle idée insensée.
Sur le trottoir, je ferme les yeux et prend une grande bouffée de l’air frais et pur de la ville.
Et manque de m’étouffer à moitié. Un gout étrange me reste coincé au fond de la gorge.
Toussotant, la même idée me trotte encore et encore dans le crâne.
« Quelque chose cloche, Isaac. Quelque chose de tellement évident que tu ne t’en rends pas compte. »
Certes, je veux bien, mais quoi donc ?
Tout ça va finir par me rendre fou, cela commence à devenir absurde !

Il faut que je rendre chez moi, pour tout mettre au clair.
Je jette un premier vrai coup d’œil aux alentours, cherchant à me situer. Mais je dois bien reconnaitre que je suis incapable de dire où je me trouve.
Me trouvé-je réellement à Waterside ?
Autour de moi, les bâtiments me semblent tellement étranges, tellement… Inappropriés. Mais quelque peu familiers, d’un autre côté. Leur architecture m’est totalement inconnue.
Et me voilà, à rester pataud sur le trottoir.

Finalement je reprends le dessus. Quitte à être perdu, autant essayer de découvrir ce qui m’entoure.
Et me voilà à déambuler dans les rues ce lieu qui, s’il me rappelle Waterside par moment, me paraît trop étranger.
Les rues sont étonnamment peu fréquentées, la faute à la température peu élevée, je suppose. Je croise bien quelques personnes, cela dit. Ce quartier n’est pas mort, j’entends même des cris d’enfant par-delà les murets.
Je marche, regardant devant moi-même, absorbé dans mes pensées. J’ai presque l’impression d’être dans un rêve. Depuis que je me suis réveillé, tout me semble irréel.
Tout aussi irréel que ces… Ces… Etranges appareils, disposés le long du trottoir.
Cela ressemble un peu à des voitures, mais comme sorties de l’imagination d’un Jules Vernes. Une quelconque représentation d’une évolution possible dans les temps futurs…

Je marche toujours, quand la rue s’élargie. J’entends des bruits au loin, d’étranges vrombissements, forts et omniprésents.
Et un bar aussi. Un bar ! Des tables d’un style ma foi, assez particulier, sont disposées dehors. Un homme sirote sa boisson, un journal posé près de lui.
Bon, pourquoi ne pas se laisser tenter par un verre ?
Je m’approche de l’entrée, quand un bruit fracassant retentit derrière moi. C’est grave, fort, inquiétant. Je me retourne, et que vois-je ? Un de ces appareils se mouvoir ! Une de ces automobiles futuristes en pleine action ! Comme si elles étaient… Réelles.
« Quelque chose cloche, Isaac. Quelque chose cloche »

Je jette un regard vers l’homme sur la terrasse. Son journal.
C’est sans doute une idée farfelue, mais… Je dois en être certain.
J’attrape le journal, ce bon vieux Daily Side, les mains tremblantes.
Et nous sommes… en…
En 2018 ?
Je reste interdit.
Puis, doucement, je repose le journal, regardant son propriétaire.

« On est… On est en… En… 2018… »

Je crois que ma voix tremblote, je dois avoir l’air un peu paniqué.
Les mains crispées sur le bord de la table, je fixe l’homme dans les yeux.

« On est en 2018. C’est pour de vrai, c’est ça ? »

Et je me laisse tomber sur une chaise libre, abasourdi.
Je serai donc resté dans le coma si longtemps que ça ?
Plus de cent ans ?
« Quelques jours », qu’ils me disaient…
Oh nom de Dieu.
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Ven 30 Mar - 18:30
Retour à la réalité

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Je renverse mon café.

- Et merde !

J’observe avec dépit la tache brunâtre s’étendre doucement sur la copie de l’étudiant que j’étais en train de corriger, impuissant. Je n’ai même pas eu l’idée de demander des serviettes lorsque j’ai commandé mon café, une dizaine de minutes plus tôt. Quel idiot. J’essaye de l’essorer tant bien que mal, mais rien y fait. Sa feuille sera à tout jamais colorée de marron. Tant pis. Je fais tout de même l’effort de plisser les yeux afin de lire sa réponse. Je ne vais tout de même pas le pénaliser à cause de ma maladresse. Mais finalement, je n’aurais peut-être pas dû lire. Je trace un magnifique trait rouge parfaitement rectiligne sur toute la longueur de la réponse. Quinze bonnes lignes à déblatérer des idioties.
Je me frotte les yeux avec deux doigts. Un simple contrôle de connaissance, et la plupart ne sont pas foutus de recracher trois dates. C’est à se demander s’ils assistent à mon cours. Bref, je passe à la copie suivante avec le vague espoir qu’elle sera moins affreuse à corriger que la précédente. Déjà, l’écriture est plus propre, ça fait plaisir à voir. Je ne sais pas ce qu’ont les étudiants d’aujourd’hui pour écrire de la sorte. Peut-être ont-ils été traumatisés par un instituteur sadique durant leur enfance… Je me reconcentre sur ma copie. Outre quelques étourderies, elle est franchement plus agréable que la précédente. Je l’agrémente donc d’un beau B+, puis passe à la suivante.

Je profite donc de la légère chaleur du mois de mars pour corriger les copies de mes étudiants, tout en sirotant un café en terrasse. Je dois bien être la seule personne à trainer dehors durant cette période de l’année. Il faut dire que la chaleur n’est pas encore bien intense mais elle me suffit amplement. Malgré tout, je peux apercevoir quelques personnes passer devant moi, emmitouflées dans leurs écharpes comme si on était en période polaire. Certaines même me jettent des coups d’œil étranges, se demandant sûrement pourquoi quelqu’un reste dehors et immobile par ce temps. Je suis donc tranquille…

Jusqu’à ce que ce gars sorte de nulle part puis attrape le journal qui était posé sur ma table avec une férocité détonante. Je lève les yeux vers lui, étonné de son attitude. Il aurait tout de même été plus poli de me demander, non ? Alors certes, ce n’est pas mon journal, il était sur la table quand je suis arrivé, je l’ai feuilleté puis je l’ai reposé. Mais il aurait pu l’être. Les gens sont de moins en moins bien élevés, c’est fou.

- On est… On est en… En… 2018…

Hum… Quelle étrange question.
L’homme me fixe avec des yeux quelque peu paniqués.

- On est en 2018. C’est pour de vrai, c’est ça ?
- De toute évidence. Vous aussi, vous avez un problème avec les dates ?

Si ça se trouve, il s’agit de l’un de mes élèves et je ne l’ai pas reconnu. Ce qui ne serait franchement pas étonnant, je n’ai pas pour habitude de retenir la tête de mes élèves. Sauf de ceux qui se mettent tout devant et qui me regardent comme s’ils avaient une révélation soudaine. Alors, je sais bien que je peux faire naître des vocations, mais tout de même.
L’homme s’assoit sur la seconde chaise à ma table, apparemment abattu.

- Et vous ne voulez pas un petit café, en plus ?

Mais quel sans-gêne, je vous jure… !
Je ne savais pas que 2018 était une si mauvaise année. Pourtant, il est tout de même étonnant de ne se rendre compte de l’année que maintenant. On est en mars. Alors. Soit cet homme est resté dans le coma depuis des années, ce qui serait surprenant. Soit il est resté chez lui depuis le Nouvel An, et ne redécouvre que seulement le monde. Soit il sort d’une très mauvaise cuite.

Je penche plus pour la dernière hypothèse.
Je m’attendrais presque à le voir commander un whisky.

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Lun 2 Avr - 13:04
Retour à la réalitéft. Charlie Moore
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2018.
Deuxième millénaire, plus dix-huit ans.
Ça fait… Plus d’une centaine d’année de différence.
C’est pas possible.
Assis à la table de l’inconnu, la tête entre les mains, tout tourne autour de moi.
Comment est-ce que c’est possible ? Comment…
Pourtant, l’infirmière m’a bien dit que je suis tombé d’un immeuble, l’adresse est bien celle de cette ruelle où s’est déroulée la soirée et où j’ai fini par passer par la fenêtre, poussé par euh, cette connaissance.
Comment est-ce qu’entre ça et mon réveil, un siècle s’est écoulé ?

Je regarde mon reflet sur la devanture du bar.
Je n’ai pas l’air d’avoir vieilli.
J’essaie de réfléchir, de trouver une solution, mais pour la première fois de ma vie, rien de me vient. Aucune explication, aucune piste, aucune hypothèse.

- Et vous ne voulez pas un petit café, en plus ?

Je lève la tête vers l’homme, qui me regarde l’air vaguement exaspéré.
Un café ? J’ai une tête à boire un café ?

- Vous buvez toujours du whisky, à cette épo…Euh, maintenant ? J’avoue qu’un petit remontant, là…

Je prends une grande inspiration puis soupire. Si je veux découvrir ce qu’il s’est passé, je dois faire profil bas, ne pas me faire remarquer. Et donc, rester maître de moi.
Je regarde sur la table et voie plusieurs copies éparpillées, dont une tâchée de café.
On dirait des copies d’élève… ça corrige ses copies dans un bar, maintenant, les professeurs ?

- Euh… Vous êtes professeur ?

D’accord, c’est une vaine tentative de briser la glace. Mais cet individu est mon seul interlocuteur potentiel, et il n’a pas l’air de m’avoir pris pour un fou, du moins pas pour l’instant. Autant essayer d’en apprendre plus. Discrètement, si possible.
Assez grand, brun, et l’air blasé, le quidam assis devant moi ne m’inspire aucune appréhension. Je sais clairement pas si je peux lui faire confiance, mais au moins je n’ai pas le sentiment de devoir m’en méfier. J’ai eu de la chance de tomber sur un citoyen lambda.
Première étape, en apprendre plus sur lui avant de demander des informations subrepticement.

- Isaac Walker, dis-je en lui tendant la main. Et vous ?

Je me rappelle où je suis assis, du journal que je lui ai pris peu subtilement.

- Et désolé mon apparition, comment dire… Assez soudaine. J’espère que ça ne vous dérange pas trop.

Il n’a pas non plus l’air bien antipathique. Espérons qu’il acceptera de converser.  

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Mar 3 Avr - 21:15
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- Vous buvez toujours du whisky, à cette épo…Euh, maintenant ? J’avoue qu’un petit remontant, là…

C’est une blague ?
Pourquoi la seule personne actuellement saoule de la ville s’est sentit soudainement obligée de venir s’assoir à ma table ? Et j’espère qu’il compte le payer, son whisky. Hors-de-question que je paye “son petit remontant“. D’ailleurs, il en a bu combien “des petits remontants“ depuis le début de la journée pour ne plus connaître la date ? Evidemment, toute les merdes du monde me tombent dessus, ce n’est pas nouveau. Mais je dois dire que j’aurais préféré profiter de mon après-midi dans ce café, tranquillement et surtout seul, plutôt que de supporter un ivrogne qui a décidé de m’accoster de la manière la plus bourrue qui soit.

- Vous êtes professeur ?
- Vous êtes détective ?

Je retourne sur mes copies en secouant la tête.
Je n’ai vraiment pas envie de tailler la bavette avec cet homme. Et puis, non, je ne suis pas professeur. Juste consultant. Professeur à l’université, non merci. Un titre honorifique couplé à la profession d’enseignant-chercheur… Que c’est pompeux ! Ce n’est clairement pas fait pour moi. Et de toute façon, avec mon nombre de diplômes s’élevant à environ zéro, je risque de ne pas servir à grand-chose dans ce poste.
Je lis rapidement la copie suivante, souligne quelques fautes d’orthographe puis me rends compte qu’il s’agit d’une étudiante francophone. Orthographe et grammaire à minimiser donc. Je bloque tout de même sur le sens de quelques phrases mais parviens à me décoincer en les traduisant en français mot à mot. Bref, une copie pas excellente, mais pas exécrable non plus, d’autant plus que l’étudiante semble être française. Je lui colle un C puis relève la tête.

Pour voir que ce type est toujours tranquillement assis à ma table.
Il n’a rien d’autre à faire ou quoi ?

- Isaac Walker.

Apparemment pas.
Il me tend la main.

- Et vous ?
- Charlie Moore.

Je soupire. Je suppose que mon rêve d’un après-midi tranquille vient de s’évanouir.
Je lui serre la main avec une conviction qui en ferait pâlir certain de jalousie. Quitte à devoir le supporter, autant essayer d’être sociable un minimum, n’est-ce pas ? Et qu’est-ce que ça risque de me coûter ? Pas un whisky, j’espère.

- Et désolé mon apparition, comment dire…
- Dérangée ?
- Assez soudaine. J’espère que ça ne vous dérange pas trop.

Eh bien, je n’ai pas vraiment eu le choix, non ?
Ce n’est pas comme s’il était resté assis à ma table, même après s’être rendu compte que j’étais occupé.

Mais pour le moment, autre chose me titille. Son nom de famille. A Waterside, les Walker ne sont pas des inconnus, loin de là. Ils apparaissent un peu partout dès qu’on commence à fouiner dans les journaux de l’époque, vers la fin du XIX°. Et j’ai eu tout le loisir d’en ranger des journaux, aux archives. Surtout durant mes premières années de travail. Maintenant, je laisse les stagiaires s’en occuper. Ça leur fait les bras et ça les apprend à s’organiser.

- Walker ? Comme ceux qui habitaient dans le manoir près de la forêt ?

Manoir qui est aujourd’hui devenu un musée, après que la demeure ait été vendue à la communauté au début du XX° siècle. Mais durant la fin du XIX°, les Walker avaient amassé une coquette somme grâce à l’exploitation forestière et à l’essor de la machine à vapeur, si bien que la famille était devenue assez importante dans le secteur. Mais faute de descendance viable, leur affaire s’est effondrée à la génération suivante.
Une gloire aussi spectaculaire que brève.

- C’est drôle, je pensais que leur unique descendant s’était volatilisé dans la nature peu avant la guerre. Quoique c’est assez courant comme nom de famille, vous n’avez sûrement rien à voir avec eux.

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Dim 8 Avr - 13:02
Retour à la réalitéft. Charlie Moore
WALKER
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Charlie Moore.
Moore.
Moore…
Ce nom, cette intonation, cette sonorité…
Mais c’est…
C’est bien ma veine, ça. Il fallait que je tombe sur un de ces… De ces irlandais…

- Walker ? Comme ceux qui habitaient dans le manoir près de la forêt ?

Comment ?
Je le regarde, mettant de côté tout préjugé dû à ses origines peu reluisantes, et tourne mon attention vers lui.
Ainsi, il connaît ma famille.
Mes parents ont dû trouver un moyen de faire perdurer notre sang, après tout.
Et ils…enfin, leurs descendants sont toujours là ?
Mais comment pourrai-je expliquer que je suis l’un des leurs ? Après tout, un siècle nous a séparé, et je n’ai visiblement pas pris une ride…

- C’est drôle, je pensais que leur unique descendant s’était volatilisé dans la nature peu avant la guerre. Quoique c’est assez courant comme nom de famille, vous n’avez sûrement rien à voir avec eux.

Ah.
Ah…
Je m’affaisse sur ma chaise, déçu. Et un peu triste, sans doute.
Mais je dois m’efforcer de passer outre ça. Après tout, j’aurai dû m’en douter. J’aurai dû le savoir.
Je regarde l’irlandais dans les yeux, et colle un vague sourire sur mes lèvres.

- Ahah, oui c’est vrai. Je suppose que c’est courant. Une drôle de famille éphémère, n’est-ce pas ?

Tout ça sonne tellement faux à mes yeux. Notre nom ne fut pas éphémère, je suis toujours debout.
Je suppose que j’aurai tout le temps de faire renaitre ma famille et sa prestance de leurs cendres.
Ou d’essayer en tout cas.

Ainsi, je me trouve en 2018, dans ce monde qui m’est maintenant inconnu, assis à la table d’un parfait inconnu que j’ai plus ou moins agressé pour lui arracher son journal.
Ma foi.
Qu’est-ce qu’il pourrait bien m’arriver de pire ? Je n’ai plus rien à perdre.
Tout autour de moi, le béton domine tout le paysage, les automobiles aux carrosseries étranges roulent sans bruit, les femmes s’habillent comme les hommes…
Toutes ces technologies inconnues, ces évènements, ces découvertes…

Et puis finalement, après être resté silencieux, je regarde ce Charlie.
Je n’ai plus rien à perdre, certes. Mais j’ai tout à gagner, en fait.
Tout ce que je ne connais pas, tout ce que je n’aurai jamais dû connaitre, toutes ces choses m’attendent.
Sans compter le « Mystère du siècle perdu » qui ne demande qu’à être résolu.
Mieux vaut être optimiste, non ?
Je me redresse, requinqué. Se laisser abattre n’est pas la solution. Ce n’est pas digne de moi.

Il est temps à présent de s’occuper de choses plus urgentes que mes petites lamentations.

- Alors comme ça… Mr Moore… Vous êtes irlandais, non ?

Ne me dites pas qu’ils sont parvenus à s’emparer de l’Angleterre !
Peuh, une telle chose est impossible.

- Ah, et croyez-le si vous le voulez, mais je suis bien le descendant des Walker.

Une certaine fierté s’étale sur mon visage.
Ha. De mon temps, on matait des irlandais plus féroces que lui.

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Mar 10 Avr - 18:08
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Une question.
Simple.
Pourquoi je n’ai jamais de chance ?
Pourquoi faut-il toujours que je me coltine les personnes de la pire espèce ?

Non pas que je sois vexé, ce n’est pas mon genre. Mais disons que ce petit ton hautain que j’ai entendu dans le fond de sa voix n’est pas passé inaperçu. Est-ce que sa vie va s’en trouver changée ? Je ne pense pas. De toute façon, nous ne sommes plus au XIX° siècle. Je le fixe avec un regard froid dû à une seule petite question. Une simple petite question.

- Alors comme ça… Mr Moore… Vous êtes irlandais, non ?

La voilà la petite question qu’il me pose après être resté silencieux trente bonnes secondes, totalement perdus dans ses pensées. Pensées dont je ne veux même pas imaginer la teneur, mais sûrement composées d’un whisky qu’il n’a même pas commandé et d’irlandais sur le bûcher. Qu’est-ce que ça peut bien lui faire, que je sois irlandais, de toute façon ? Pour le temps que j’ai passé en Irlande dans ma vie au final. Trois ans dont je ne me souviens même plus, accompagnés de quelques mois supplémentaires durant l’entre-deux-guerres, pendant la guérilla d’indépendance.
Et je ne vais pas aller lui demander si “Walker, c’est bien anglais, n’est-ce pas ?“ C’est totalement stupide. Alors pourquoi diable me pose-t-il la question ? Bref, je n’ai pas besoin de m’énerver sur cet homme en plus de tout ça.

- Oui, Moore, c’est bien irlandais. Ça vous dérange ?

Avec un peu de chance, il va me laisser en paix.
Espérons. Peut-être que je vais pouvoir passer mon après-midi tranquille finalement. Peut-être va-t-il se lever et partir, bien trop écœuré de s’être assis à la table d’un irlandais. Irlandais qui n’avait rien demandé, soit-dit en passant.

- Ah, et croyez-le si vous le voulez, mais je suis bien le descendant des Walker.

Ouah…  Je suis impressionné…
Le regard blasé que je lui sers contraste fortement avec la fierté qui s’étale lentement sur son visage. Pourtant la vérité est simple : les Walker ont eu un seul et unique fils, qui a disparu du jour au lendemain en 1910. D’ailleurs, pourquoi il a disparu déjà ? Il me semble que les journaux en parlaient, mais pas moyen de m’en souvenir. Bah, j’irai regarder demain rapidement. De toute façon, on a eu une semaine plutôt tranquille aux archives, avec la récente numérisation des dossiers qui, en revanche, m’a pris des mois.

En tout cas, il a l’air particulièrement fier de porter ce nom. Ce qui me fait de la peine, paradoxalement. Parce qu’il est sûrement tombé sur l’une des rares personnes de la ville à se souvenir des Walker, en plus de ceux qui travaillent au musée, bien sûr. Mais je souris, une petite hypothèse traversant subtilement mon esprit.

- Il est vrai qu’on ne sait pas vraiment ce qu’est devenu leur fils. Après tout, il a très bien pu aller fricoter à droite à gauche après sa disparition.

Ceci expliquerait cela.
Mais si cet homme a envie de se faire passer pour un descendant des Walker, grand bien lui fasse. Ce n’est pas impossible, comme je l’ai dit plus tôt. Par contre, il risque d’avoir beaucoup de mal à réclamer ses biens, si c’est pour cette raison qu’il venu à Waterside.

- Par contre, le manoir Walker a été vendu à la communauté après le décès des propriétaires, vu que… Ben, il n’y avait plus personne pour le réclamer. Aujourd’hui, c’est devenu un musée sur l’histoire de la ville. Votre… Euh… “Famille“ y a une salle dédiée, avec photos d’époque et articles de journaux.

Photos et articles de journaux que j’ai dû fournir.
Le manoir n’est devenu pas devenu un musée en un jour, bien évidemment. Avant cela, il est resté à l’abandon quelques années, avant de devenir une réserve de nourriture pendant le rationnement de la Seconde Guerre mondiale. D’ailleurs, force est de constater que la demeure a bien failli être détruite à cause ça. Puis, elle fut à nouveau laissée à l’abandon, à la merci des pilleurs et des vandales. Voilà seulement quinze ans que la ville s’est décidée à la réhabiliter.

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Dim 15 Avr - 15:48
Retour à la réalitéft. Charlie Moore
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- Oui, Moore, c’est bien irlandais. Ça vous dérange ?

Il est donc bien irlandais. Donc, dans ce millénaire, les irlandais ont droit de vivre en Angleterre ?
Ma foi. Tant que c’est juste y « vivre », j’espère qu’ils ne sont pas devenus trop confiants.
Mais ma question n’a pas l’air de lui plaire, à son air soudainement encore plus renfrogné qu’avant et au regard froid avec lequel il me fixe.

Mais pire que tout, Mr Blasé n’a eu aucune réaction quant à ce que je lui ai appris. Je ne sais pas, de mon côté, si on m’apprend que quelqu’un ressurgit un siècle plus tard sans aucune ride, et surtout toujours en vie, je me poserai de grandes questions.
Mais non, pas lui.

- Il est vrai qu’on ne sait pas vraiment ce qu’est devenu leur fils. Après tout, il a très bien pu aller fricoter à droite à gauche après sa disparition.

Hum ? Quoi ?
Je lève les yeux vers lui, sceptique.
D’accord. Je suis donc tombé sur un Irlandais, blasé, et un peu limité.
Quelle chance.
Peut-être fait-il exprès ? Ce serait étrange, mais cela reste possible.

- Je ne suis pas un desc…
- Par contre, le manoir Walker a été vendu à la communauté après le décès des propriétaires, vu que… Ben, il n’y avait plus personne pour le réclamer. Aujourd’hui, c’est devenu un musée sur l’histoire de la ville. Votre… Euh… “Famille“ y a une salle dédiée, avec photos d’époque et articles de journaux.

Je reste interdit, le regard absorbé par un coin de la table ronde.
Notre maison a été vendue ? Pour en faire un musée ? Un musée où n’importe qui peut rentrer ?
Alors soit, le fait que ma famille soit restée dans l’histoire de la ville me soulage. Mais j’aurai espéré que notre domicile ne finisse pas ainsi.

Récapitulons : pour une raison inconnue, j’ai un black-out d’environ un siècle. Durant celui-ci beaucoup de choses ont l’air d’avoir changé. Un peu trop à mon gout, notamment l’invasion irlandaise. Bref. Et notre famille, sans être tombée totalement dans l’oubli, s’est éteinte.

Missions : Récupérer mes souvenirs du siècle manquant, il est totalement impensable que je l’aie passé à l’hôpital. Deuxièmement, découvrir pourquoi je n’ai guère vieilli. Troisièmement, récupérer ce qui m’appartient, autrement dit le manoir et le reste de mon histoire. A tous les coups, l’appartement que j’avais a dû finir par être légué à un quelconque roturier.

Mais ce qui est étrange… Je touche mon manteau du bout des doigts. Celui-ci, ainsi que mes autres vêtements m’ont été rendus comme étant les miens. Pourtant… Pourtant je ne les ai jamais vu. Quelque chose m’échappe encore.

Secouant rapidement la tête, je sors de mes pensées pour me concentrer sur mon interlocuteur.
Trêve de bavardage, je vais avoir des informations à lui soutirer.
Grand bien lui fasse s’il me prend pour un dément – ce qui, à son regard n’est sans doute pas loin d’être le cas.
Mais j’ai besoin de renseignements.

- Bon, Mr Moore. Je vais faire vite. Je sais pas si je peux vous faire confiance, ni si vous allez me croire. Peut-être allez vous faire appeler l’asile ou quelque autre réaction que je pourrai comprendre. Mais je dois tenter ma chance.

Je prends une inspiration, le regardant dans les yeux.

- Quand je vous ai dit être un Walker, je ne faisais pas allusion à une quelconque descendance. Je suis ce fameux disparu, en 1910. Je suis tombé d’un immeuble, poussé par quelqu’un. Et vu la chute, j’aurai dû mourir. Sauf que… Ben je suis là. Et à mon réveil… Je viens d’apprendre que je suis en l’an 2018. Je n’ai aucune idée du pourquoi du comment.

Je fais une pause de quelques secondes, histoire de mettre de l’ordre dans mes pensées et de le laisser intégrer rapidement.

- Donc, comme j’ai dit, un siècle de différence. Sauf qu’à ma connaissance, un coma de cent ans, ce n’est pas vraiment chose courante, pour ainsi dire. De plus, chose qui peut paraitre bête, les habits rendus comme étant les miens… Me sont inconnus. Ce qui me pousse à croire que durant ce siècle évaporé, je ne suis pas resté inactif.

Plus je lui parle, plus je réfléchis, mettant de l’ordre dans le peu que je sais.
A vrai dire, je ne sais pas vraiment si je lui parle encore, ou si je ne réfléchis pas simplement à voix haute. Mais énoncer tout ça de vive voix me permet de faire le point.

- Cependant, à mon réveil, on m’a également annoncé que je suis tombé d’un immeuble. Je vous avoue que je n’y comprends plus rien. Je sens que quelque chose cloche, sans pouvoir mettre le doigt dessus. Voilà. C’est à peu près tout ce que je sais. Si vous me prenez pour un aliéné, je comprendrai. Mais vous devinerez facilement que si tel est le cas, je ne vais pas vous tenir compagnie plus longtemps.

Après tout, s’il ne considère pas ce que je viens de dire, je connais au moins ma prochaine destination. La ruelle où j’ai chuté.

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Mer 18 Avr - 19:24
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Voilà.
Si jamais cet homme a envie d’en apprendre plus sur une famille dont il ne connait peut-être rien, il sait où aller chercher. S’il s’avère qu’il est bien un descendant des Walker, l’histoire de cette famille risque de soudainement refaire surface, ce qui ne serait franchement pas plus mal. Voir une partie entière de l’histoire de Waterside oubliée ne me réjouis pas vraiment. Après, est-ce qu’il récupérera ce qui est censé être ses biens, ce serait étonnant. La ville ne risque pas lui lâcher le manoir aussi facilement… Je retourne sur mes copies. J’aimerais bien les avoir finis avant de rentrer à la maison, sinon je devrais potentiellement y passer ma soirée. Mais en voyant le tas qui me reste à corriger, je préfère me dire que je finirai ce week-end, au risque de me faire harceler par mes étudiants lors du prochain cours.
Je vis dangereusement.

- Bon, Mr Moore. Je vais faire vite.

Je m’entends soupirer. Pourtant je reste imperturbable, et continue à lire ce qui s’étale sur la feuille sous mes yeux. Je tapote la pointe de mon stylo sur la table, si bien que les personnes les plus sensibles auraient sûrement envie de me mettre des baffes.

- Je sais pas si je peux vous faire confiance, ni si vous allez me croire. Peut-être allez vous faire appeler l’asile ou quelque autre réaction que je pourrai comprendre. Mais je dois tenter ma chance.

Je me fais la réflexion qu’on dirait un film tout de même très étrange.
Peut-être devrais-je lui demander de calmer ses ardeurs ? Après tout, on ne se connait pas.

- Quand je vous ai dit être un Walker, je ne faisais pas allusion à une quelconque descendance. Je suis ce fameux disparu, en 1910.

J’arrête soudainement de faire mumuse avec mon stylo.
“Le fameux disparu de 1910“. Autrement dit, le fils Walker lui-même. S’il dit vrai, ça deviendrait tout de suite plus intéressant. Du moins, de mon point de vue. Je me redresse, le regarde et tente de me souvenir à quoi il pouvait bien ressembler sur les quelques photographies que j’ai pu voir au musée. Mais pas moyen de m’en rappeler. Il faut dire que ma mémoire est encombrée par des souvenirs que je préfère ne pas oublier, au dépend de certaines informations qui parfois pourraient s’avérer utiles.

- Je suis tombé d’un immeuble, poussé par quelqu’un. Et vu la chute, j’aurai dû mourir. Sauf que… Ben je suis là.

Certes. Tu es là. Assis à ma table. Je ne peux pas le nier.
Je le laisse continuer de papoter tout seul. De toute façon, il se parle plus à lui-même qu’il ne me parler à moi. Après tout, s’il a un black-out d’environ un siècle, pas étonnant qu’il soit perdu. S’il est bien un Revenant en revanche. Il pourrait parfaitement se faire passer pour, ce n’est pas bien compliqué en soi. Ce que je ne comprendrais pas, cependant, c’est pourquoi il se ferait passer pour le descendant les Walker et pourquoi il viendrait me parler spécifiquement à moi.
En attendant qu’il finisse son monologue, je sors mon téléphone. Comme je n’arrive pas à me souvenir à quoi peut bien ressembler le fils Walker, il va falloir trouver un autre moyen pour avoir sa tête sous les yeux, si je ne l’ai pas déjà. Un petit message à l’un des vigils du musée plus tard, il me suffit d’attendre de recevoir la photo. Parfois, la technologie peut être utile. Comme quoi.

- Si vous me prenez pour un aliéné, je comprendrai. Mais vous devinerez facilement que si tel est le cas, je ne vais pas vous tenir compagnie plus longtemps.

Alors la solution était si simple depuis le début ?
Mais pas de chance pour lui, il s’avère qu’il m’intéresse désormais. Comme si j’allais le laisser me fausser compagnie au risque de ne plus pouvoir le contacter. Il a bien dit ne pas être resté inactif tout ce temps, n’est-ce pas ? Même s’il ne s’en souvient apparemment plus. Eh bien dans ce cas, il devrait peut-être avoir un téléphone sur lui, avec un peu de chance.

- Est-ce que vous avez un téléphone portable ? Un petit appareil rectangulaire… Tentez dans les poches de votre manteau, avec un peu de chance.

Le mien en profite pour vibrer sur la table.
Parfait. Je ne pensais pas que le vigil mettrait aussi peu de temps à me répondre. Peut-être était-il en pause, c’est fort possible. La photo qu’il a prise d’un journal apparait en très mauvaise qualité sur le petit écran de mon portable. Mais un zoom plus tard, trouvé au prix de quelques manipulations infructueuses, j’arrive tout de même à apercevoir la tête du fils Walker. C’est bien la même. Et le nom en bas de la photographie : Isaac. C’est bien celui qu’il m’a donné.
Je me redresse. J’aurais tendance à le croire plus facilement désormais. Or, une photo et un nom, ce n’est pas assez pour en faire des preuves absolues. Mais bon, ce n’est pas moi qui mène les enquêtes dans cette histoire.

- Vous savez, M. Walker, vous avez de la chance d’être tombé sur moi. Evitez juste de hurler votre situation sur tous les toits, on vous prendrait effectivement pour un fou. Mais pas moi.

Je remballe mes copies. Elles ne m’intéressent plus le moins du monde désormais.

- Actuellement, je n’aimerais pas vraiment vous perdre de vue. Si vous avez trouvé votre téléphone, essayez de l’allumer. Il vous demandera peut-être un code, si c’est le cas, tentez une date importante pour vous, comme un anniversaire, ou une date de mariage, je ne sais quoi…

La date de mon mariage. Il s’agit du code de mon propre portable.
Je le laisse à ses galères quelques secondes avant de continuer. Je ne pensais franchement pas rencontrer un jour quelqu’un qui aurait plus de mal avec la technologie que moi.

- Je connais des gens qui seraient ravis de vous rencontrer, s’il s’avère que vous êtes vraiment Isaac Walker. Et elles pourraient vous aider à comprendre ce qui a bien pu se passer durant votre perte de mémoire.

L’Organisation.
Ils feraient partie des rares à pouvoir confirmer réellement qu’il est bien celui qu’il prétend être. Et à pouvoir avec ses problèmes de mémoire.

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Sam 21 Avr - 12:44
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- Est-ce que vous avez un téléphone portable ? Un petit appareil rectangulaire… Tentez dans les poches de votre manteau, avec un peu de chance.

Un quoi ?
Un téléphone ? Dans mes poches ? Mais qu’est-ce qu’il raconte ? Un téléphone, c’est fixé au mur, ça ne bouge pas. Et puis, il ne rentrerait pas dans mes poches.
Franchement. Je viens de lui raconter tout ça, et tout ce qu’il trouve à faire, c’est me sortir une énormité de ce genre ?
Je le regarde, fronçant les sourcils.
Parce que si sa blague ne m’a pas atteint, il vient de me faire réaliser quelque chose. Depuis tout ce temps où je suis sorti de l’hôpital et aie compris que ce manteau n’était pas le mien, j’ai oublié une chose tellement stupide, et pourtant tellement importante.
Fouiller mes poches.
Et c’est ainsi que je baisse la tête, me concentrant sur ce manteau et les potentiels trésors qu’il peut receler.
Je plonge ma main dans les deux poches extérieures, pour commencer.
Et je sens différentes choses sous mes doigts. Je m’apprête à les sortir, ma curiosité maladive me suppliant de le faire, mais… Mais je préfère être seul à ce moment-là, sait-on jamais. Sans un inconnu en face de moi.
Cependant je sens quand même un objet rectangulaire, plat et froid. Sans doute une sorte de métal.
Je regarde l’irlandais les sourcils froncés. Si ça se trouve, c’est de cet objet qu’il parlait.
Je sors la chose et la pose sur mes genoux, l’étudiant attentivement.
Un bloc de métal, froid et rectangulaire, étonnamment fin. Une des faces est recouverte d’une sorte de vitre.
D’accord, cet objet m’est totalement inconnu.
Je lève à nouveau le regard vers l’homme en face de moi, avant de poser doucement l’objet sur la table. Tout doucement. Je préfère faire attention, ça pourrait être dangereux. Sait-on jamais.

- C’est de… ça, que vous…
- Vous savez, M. Walker, vous avez de la chance d’être tombé sur moi. Evitez juste de hurler votre situation sur tous les toits, on vous prendrait effectivement pour un fou. Mais pas moi.

Hein ?
Evidemment qu’on me prendrait pour un fou, moi-même je me demande si je ne le suis pas un peu, au fond. Alors je n’irai en aucun cas le crier sur tous les toits. Je suis peut-être un siècle dans le futur, ou bien complètement cinglé, mais certainement pas stupide à ce point.
« Mais pas moi »
Pas lui. Pourquoi, pas lui ?
Voilà qui méritera de plus amples explications, qui j’espère viendront à moi. Sinon j’irai les chercher.
Je reporte mon attention sur ce fameux « Téléphone portable ».
Téléphone. Portable.
Mais ça n’a rien du tout d’un téléphone ! Où est le combiné ? Le cadran ? Et…
Et cette chose étrange attise ma curiosité, en fin de compte.
Je suis un siècle plus tard. Je suis dans le « futur ».

- Actuellement, je n’aimerais pas vraiment vous perdre de vue. Si vous avez trouvé votre téléphone, essayez de l’allumer. Il vous demandera peut-être un code, si c’est le cas, tentez une date importante pour vous, comme un anniversaire, ou une date de mariage, je ne sais quoi…

Hum… Je veux bien, mais… Comment l’allumer ?
Je le porte au niveau de mes yeux, le tourne dans tous les sens, comme une boîte à énigme que je chercherai à décortiquer.
Nous avons donc une face en métal, qui se réchauffe maintenant que je la tiens, sur laquelle deux ronds, comme des yeux, me regardent. On dirait des sortes d’objectifs photos, mais miniaturisés. Plus bas, une pomme est dessinée et un drôle de mot est inscrit.
Puis l’autre face, entièrement de verre.
Finalement, je sens des aspérités sur les tranches. Des sortes de bouton. Peut-être est-ce avec ça qu’il faut « l’allumer », quel que soit le résultat.
Je jette un rapide regard vers Charlie, puis appuie sur un bouton. Rien ne se passe. Un autre. Et le dernier.
La face en verre s’illumine, plein de couleurs s’affichent soudainement.

- Wah… C’est… C’est quoi cette chose ? Comment ça fonctionne ? Et vous en avez tous un ?

Je touche le verre. L’heure est inscrite, avec d’autres symboles que je ne connais pas.
« Glisser pour débloquer ».
Débloquer ?
Curieux, je fais glisser mon doigt.
Et là, je crois comprendre le sens de la phrase de Charlie. « Il vous demandera peut-être un code, une date importante… »
Un cadran, avec des chiffres se trouve sur le téléphone. Tout change quand je touche avec mon doigt.
C’est de la magie ?

- Je connais des gens qui seraient ravis de vous rencontrer, s’il s’avère que vous êtes vraiment Isaac Walker. Et elles pourraient vous aider à comprendre ce qui a bien pu se passer durant votre perte de mémoire.

Mon attention se reporte instantanément sur mon interlocuteur, j’en oublie l’objet miraculeux.
Je ne dirai pas que je deviens suspicieux, mais… Disons que je me méfie à nouveau.

- Bien évidemment que je suis moi-même. Mais des gens… ? Qui peuvent m’aider ? Les pertes de mémoire sont-elles si courantes que ça ?

Je le regarde d’un air sérieux.

- Je ne sais pas de qui vous parlez. Ni même si je peux vous faire confiance.

J’aimerai bien lui faire confiance, ça me ferait au moins un point stable dans ce chaos qu’est mon esprit actuellement.

- Comprenez-moi bien. Je n’ai rien contre vous. Vous me semblez même être… Sympathique. Mais je ne sais pas encore si je peux vous faire confiance, vous vous doutez bien.

Pourtant, l’idée qu’on puisse m’aider, ou au moins essayer… ça pourrait se tenter. Au pire, si les choses tournent mal…
Je soupire.

- Bon. De toute façon, je n’ai pas d’alternative viable, ni même aucune en fait. Qui sont donc « ces gens » ?

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Dim 22 Avr - 15:25
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Evidemment.
Evidemment. Il fallait qu’il possède l’une de ces… Horreurs. Déjà que moi, qui m’y connais un minimum, je galère à faire fonctionner mon téléphone datant d’il y a plus de dix ans. Mais alors lui, qui n’a l’air de ne plus avoir aucune notion en la matière, se balade avec un portable dernier cri. Il l’examine sous toutes les coutures, pousse un petit cri d’admiration lorsqu’il arrive enfin à allumer l’écran et agrandit ses globes oculaires une fois qu’il se rend compte de la teneur tactile de la chose. Il m’exaspère. J’ai soudainement l’impression de comprendre ce que ressentent les jeunes lorsqu’ils essayent de m’expliquer le fonctionnement de l’ordinateur sur lequel je travaille aux archives. Les pauvres. Ils font preuve d’une grande patience, je suis admiratif.
Pour ma part, j’ai déjà envie d’étrangler mon interlocuteur à cause de la galère apparente dont il fait preuve à cet instant. Pourtant, je ravale mes envies de meurtre – quoi que ce serait parfait pour prouver qu’il s’agit bien d’un Revenant ou non – et continue sur ma lancée. J’évoque rapidement l’Organisation et lui tend la perche : sa mémoire. S’il l’a perdu, l’Organisation pourra l’aider. Il n’est visiblement pas resté inactif et il a dû égrainer des traces de son passage un peu partout derrière lui. Un peu comme j’avais fait en me pensant invisible. Bref, ces traces, l’Organisation les retrouvera et sans mal.

- Bien évidemment que je suis moi-même. Mais des gens… ? Qui peuvent m’aider ? Les pertes de mémoire sont-elles si courantes que ça ?
- Non, mais disons qu’ils ont l’habitude de ce qui n’est pas… Commun.

Il me fixe d’un air sérieux. Trop sérieux. Au moins, il ne doit pas penser que je lui fais une mauvaise blague, c’est un bon point. Mais je sais parfaitement ce que cet air signifie. Je portais le même il y a plus de vingt ans.

- Je ne sais pas de qui vous parlez. Ni même si je peux vous faire confiance. Comprenez-moi bien. Je n’ai rien contre vous. Vous me semblez même être… Sympathique. Mais je ne sais pas encore si je peux vous faire confiance, vous vous doutez bien.

Et voilà.
Il fallait s’y attendre, et c’est une réaction totalement normale. Le pauvre homme doit être complètement perdu dans ce siècle qu’il ne connait pas. Et entendre soudainement parler de personnes qui pourraient l’aider, sans même savoir qui il est vraiment, semble surréaliste. Mais pourtant… En soi, je ne suis pas si étonné qu’il soit méfiant, le contraire m’aurait même surpris. Nous sommes tous plus ou moins passés par cette phase de méfiance, certains y font même encore face. Pour ma part, j’ai décidé de leur faire confiance, mais ce n’est pas pour cette raison que je forcerais les autres à faire de même.

- Bon. De toute façon, je n’ai pas d’alternative viable, ni même aucune en fait. Qui sont donc ces gens ?

Si. Il y en avait une : chercher par toi-même.
Ce qui aurait été sûrement bien plus compliqué, surtout lorsque l’on n’a aucune idée de comment fonctionne le monde actuellement.
Je fouine dans ma mallette à la recherche d’une carte de l’Organisation que j’ai visiblement oubliée à la maison. Je soupire. Tant pis, je ferai sans. Et toute façon, il n’aurait jamais réussi à les recontacter tout seul si l’envie lui avait pris, donc la carte aurait finalement été bien inutile. Je me redresse vers lui en toussotant et en espérant qu’il n’a pas compris tout le manège que je venais de faire.

- Ils se font appeler l’Organisation. Oui, je sais, le nom n’est pas très recherché, je me suis fait la même réflexion. Leur siège se trouve au Nord de la ville. Ils pourront sûrement vous aider à recoller les pièces qui vous manquent. Vous n’êtes apparemment pas resté inactif durant le siècle dernier et personne n’est invisible. Ils sauront retrouver votre trace plus ou moins facilement.

Je regarde l’heure. Est-ce que je vais aller les embêter maintenant, d’autant plus que je ne sais pas si le fils Walker va décider de me suivre ou non. Mais j’ai une autre question qui trotte dans mon esprit. D’après ses dires, il sort de l’hôpital sans aucun souvenir, et en se pensant un siècle en arrière.

- En tout cas, j’aimerais pouvoir vous recontacter facilement. Je vous emprunte votre téléphone deux secondes…

Sans demander mon reste, je saisis l’appareil qu’il avait posé sur la table afin de chercher son numéro. Mais vu la bête qu’il possède, je risque d’avoir beaucoup de mal à le trouver. Je soupire… Un Apple. Mais quelle idée de posséder un truc pareil. Il n’a pas l’air d’avoir eu de gros problèmes d’argent jusqu’à maintenant pour avoir pu s’acheter cette horreur. Du coup, me voilà en train de fouiner dans tous les coins de l’appareil à la recherche soit des paramètres, soit du répertoire. Avec un peu de chance, il fait partie de ces gens qui ont un contact “moi“.
Je souris vaguement en remarquant que oui, c’est bien le cas. Parfait. Ça m’évitera d’avoir à chercher pendant des heures. Je note son numéro dans mon carnet avant de lui rendre son monstre de portable. Voilà une bonne chose de faite. Passons à la suite.

- Une dernière question de ma part : vous avez un endroit où dormir ?

Il possède peut-être un appartement ou je ne sais quoi. Mais qui me dit que M. Walker se souvient où il se trouve.

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Jeu 26 Avr - 15:21
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- Qui sont ces gens ?

Parce que bon, chercher par moi-même, vu l’étrangeté de cette époque, ce n’est pas gagné.
En parlant d’étrangeté, je reporte mon attention sur le « téléphone », écoutant tout de même la réponse de l’irlandais.

- Ils se font appeler l’Organisation. Oui, je sais, le nom n’est pas très recherché, je me suis fait la même réflexion.

J’allais le dire, tiens. Bon après, vaut-il mieux un nom banal, ou un nom trop alambiqué… ? Va savoir.
Le téléphone me demande toujours le code. Une possible date importante, à ce qu’il parait.
Réfléchissons. Quelle date peut bien être importante pour moi ? Quelle date serai-je sûr de me souvenir, peu importe les évènements et les circonstances ?
Je n’essaie même pas ma date de naissance, aucune chance que soit ça.
Mais je n’ai pas tant de date importante, en fait. Pas de mariage, pas d’enfant, pas de…
Et ma mort ? Enfin, ma chute qui aurait dû être mortelle ?
J’essaie.

- Leur siège se trouve au Nord de la ville. Ils pourront sûrement vous aider à recoller les pièces qui vous manquent. Vous n’êtes apparemment pas resté inactif durant le siècle dernier et personne n’est invisible.

Pas faux… Après j’ai tendance à être discret, j’étais bien un détective privé, dans mon temps. Après, je suis pas sûr que mes connaissances dans le sujet soient encore d’actualité. Me voilà de retour en tant que monsieur lambda.
Après quelques tentatives infructueuses à base d’appui sur la mauvaise touche, l’appareil s’ouvre enfin à moi.
Plein d’images s’affichent alors sur le verre du téléphone.
Ne voulant pas avoir l’air perdu, je garde un air imperturbable.
Et pourtant… C’est quoi ce bordel ?

- Ils sauront retrouver votre trace plus ou moins facilement.

Je relève la tête vers Moore.

- Pour être honnête, je suppose que ça peut être pratique, ça, vu ma situation. Mais d’un autre côté, je ne sais pas vraiment si c’est rassurant.

Je joue avec le téléphone, m’amusant à faire glisser mon doigt sur le verre et à regarder les dessins bouger.

- Mais d’un autre côté, c’est peut-être le seul moyen de faire le point sur ma situation.

Leur aide me sera très utile. Dès que j’aurai appris ce que je veux, je chercherai par moi-même. Si cette théorie comme quoi j’ai été étrangement actif durant mon « coma » est réelle, je devrai pouvoir retrouver des traces. Après tout, on parle de moi. Et de moi.
Enfin, de moi qui me recherche, quoi.

- En tout cas, j’aimerais pouvoir vous recontacter facilement. Je vous emprunte votre téléphone deux secondes…

Sous mon regard indigné – je m’amusais ! – il saisit mon téléphone et commence à regarder je ne sais trop quoi. De toute façon, je ne comprendrai rien à ses manipulations. Je le laisse donc faire.
Me recontacter… Avec cette chose ? C’est donc vraiment un téléphone, au même sens que je l’entends ? Fascinant.

- Une dernière question de ma part : vous avez un endroit où dormir ?

Dit-il, me rendant mon téléphone que je saisis d’une main peu sûre. Cette chose me semble trop peu solide.

- Euh…

Je réfléchis.
Alors, j’en avais un, c’est vrai.
Mais cent ans se sont écoulés. Et j’étais censé être mort, ou au moins avoir disparu. Cela m’étonnerait qu’il soit resté libre pendant tout ce temps. A mon grand dam.

- Vous m’auriez posé cette question cent ans plus tôt, j’aurai pu vous répondre par l’affirmative. Maintenant… Disons que non, pour l’instant. Pourquoi ?

Bonne question, somme-toute.
Il va bien falloir que je trouve un endroit où dormir.
Ai-je donc toujours des économies, afin de me payer un hôtel ? Il faudra que je fasse des recherches là-dessus, me retrouver sans moyens financiers ne ferait que rendre cette nouvelle vie plus difficile.

- On paye toujours en livre, ici ?

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Mar 1 Mai - 20:28
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Il m’écoute là ou pas ?
Je n’en ai pas l’impression. Il fait mumuse avec son téléphone. Un peu à la manière de Norman, mon perroquet, lorsqu’il fait mumuse avec ses grelots ou ses plumes au bout d’un bâton. Oui, mon perroquet joue avec des jouets pour chat, je sais, c’est illogique. Mais en tout cas, le fils Walker a l’air fasciné par son nouveau jouet – téléphone, pardon. Je suppose que la curiosité est une bonne chose, surtout s’il est perdu comme il doit l’être actuellement. Au moins, plus vite il comprendra comment fonctionne ce siècle, plus vite il pourra se débrouiller seul. Je sens que si je le ramène à l’Organisation, il va être mis sous ma coupe. En soi, ça ne me gêne pas tant que ça.

- Vous m’auriez posé cette question cent ans plus tôt, j’aurai pu vous répondre par l’affirmative. Maintenant… Disons que non, pour l’instant. Pourquoi ?

Parce que vous n’allez pas dormir dans la rue, quelle question.
Mais il a raison : il peut faire une croix sur son ancien appartement ou sur le manoir des Walker. Peu de chance qu’il en voit un jour la couleur.

- Parce que vous pouvez oublier votre appartement. Au mieux, il a été vendu à quelqu’un d’autre. Au pire, il a été détruit pour laisser place à de nouveaux immeubles. Tout dépend où il se trouvait dans la ville. Quant au manoir, vous savez ce qu’il est devenu, désormais.

Le vieux quartier n’a pas été réhabilité depuis bien longtemps maintenant. Les bâtiments y sont tous plus ou moins anciens. Quant au reste de la ville… Eh bien, c’est au petit bonheur la chance. Tout dépend des quartiers. La ville a bien changé en cent ans, il faut dire.

- On paye toujours en livre, ici ?

Il est vrai qu’il pourrait toujours se payer un hôtel.
Et se retrouver dans une situation similaire à la mienne, il y a plus de vingt ans. C’est-à-dire sans un sou et avec un travail peu stable qui ne paye rien. A cette époque, je loupais des repas pour pouvoir me payer un toit. Ce n’était pas très agréable à vivre, je dois bien avouer. Quoi qu’il vient d’une famille distinguée. Moi, je n’étais qu’un cordonnier sans éducation. Il doit sûrement avoir eu un enseignement plus complet que le mien. Peut-être même était-il entouré de précepteurs et de professeurs privés. Dans tous les cas, il trouvera peut-être un emploi plus facilement et plus gratifiant. Ou l’Organisation le fera pour lui, tout dépend de ce qu’il choisit de faire.

- Oui, on paye toujours en livres. La monnaie n’a pas changé. D’un temps, les Européens ont bien voulu nous imposer l’euro, mais on a résisté. Les billets, en revanche, ne sont plus les mêmes. Ils sont à l’effigie de la reine, désormais.

Je lui montre un billet de cinq livres sur lequel s’étale un portrait de la reine lors de son couronnement en 1953. Peut-être lui rappellera-t-il des souvenirs. Après tout, une perte de mémoire définitive doit être bien compliquée à vivre. Avec un peu de chance, ses souvenirs lui reviendront petit à petit. Quoi que je doute qu’un malheureux billet des plus communs lui rappelle quelque chose. Mais peut-être que des affaires plus personnelles le feront.

- Si vous avez toujours des anciens billets ou des anciennes pièces, je vous conseille de les garder. Ils doivent valoir une certaine somme, désormais.

Ce qui pourrait toujours constituer une source de revenus en attendant qu’il trouve un semblant de stabilité. Les anciennes pièces sont beaucoup recherchées par les numismates, aujourd’hui. Parfois, ils en viendraient même à dépenser des centaines de livres pour se les procurer. Mais pour le moment, outre cette option, peu de chance que le fils Walker ait de quoi retomber sur ses pattes. Peut-être a-t-il de la monnaie d’aujourd’hui, mais sans emploi et sans toit, elle ne durera pas longtemps.
D’où ma proposition.

- Je propose de vous héberger, le temps que vous réussissiez à retrouver une certaine situation. Au moins, ça pourra constituer un point d’accroche dans une ville que vous ne connaissez plus. Pas de loyer ou de nourriture à payer. Et j’ai largement la place pour loger une personne supplémentaire.

Et j’ai également de quoi payer de la bouffe pour deux. Quant à mon appartement, il m’appartient et j’ai fini de rembourser les mensualités il y a quelques années. Donc héberger quelqu’un ne me gêne pas vraiment. Mais il dormira sur le canapé.

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Dim 6 Mai - 16:41
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- Parce que vous pouvez oublier votre appartement. Au mieux, il a été vendu à quelqu’un d’autre. Au pire, il a été détruit pour laisser place à de nouveaux immeubles. Tout dépend où il se trouvait dans la ville. Quant au manoir, vous savez ce qu’il est devenu, désormais.

Huh, ouais. Alors autant, pour mon appartement je peux le concevoir, car laisser un logement à l’abandon, ma foi pourquoi pas.
Mais le manoir… Non, vraiment, le manoir ça me dégoûte un peu. Je me demande si la mairie voudra bien me laisser le récupérer.
Encore faudrait-il une bonne justification… Et je ne me vois pas vraiment aller les voir en mode « coucou vous, je suis de retour après une petite ballade d’un siècle. Je me suis un peu perdu, haha ».
Mais il faudra réfléchir à tout ça.

- Oui, on paye toujours en livres. La monnaie n’a pas changé. D’un temps, les Européens ont bien voulu nous imposer l’euro, mais on a résisté. Les billets, en revanche, ne sont plus les mêmes. Ils sont à l’effigie de la reine, désormais.

Reine ? Encore une reine ? A tous les coups, on va encore être parti pour un règne de cinquante ans.
Il me montre un billet à l’effigie de cette nouvelle reine.
Ouais, c'est vraiment une reine, une vraie de vraie. Je soupire.
Et l’irlandais le tend toujours devant moi. Qu’est-ce qu’il attend, au juste ? Que mes souvenirs reviennent par magie ?
Je le regarde, secouant la tête.

- Non, franchement, elle me dit rien du tout. Même si elle devait déjà être née à mon époque…

Si quelque chose doit me ramener des souvenirs, je parierai plus sur les affaires présentes dans « mon » manteau. En tout cas, je l’espère.

- Si vous avez toujours des anciens billets ou des anciennes pièces, je vous conseille de les garder. Ils doivent valoir une certaine somme, désormais.

Pas bête, pas bête. L’idée de ne pas me retrouver sans le sous me semble quand même un peu plus agréable.
C’est donc une autre chose à vérifier, une fois que je serai plus tranquille, même si ce ne sera qu’une solution temporaire.

- Je propose de vous héberger, le temps que vous réussissiez à retrouver une certaine situation. Au moins, ça pourra constituer un point d’accroche dans une ville que vous ne connaissez plus. Pas de loyer ou de nourriture à payer. Et j’ai largement la place pour loger une personne supplémentaire.

Je reste quelques secondes le regard dans le vide.
Attends, quoi ? M’héberger ? Alors qu’il me connaît à peine ? Soit c’est une âme charitable, surtout pour un irlandais, soit quelque chose de louche se trame. Je le regarde dans les yeux.
Non, vraiment, j’ai beau y réfléchir, il ne me semble pas être quelqu’un de mauvais.

- Je…

Mon « je » traine en longueur, je ne sais pas comment continuer.
Je serai bien tenté d’accepter, ça me ferait un problème de résolu. Et je pourrai toujours payer cette dette d’une manière ou d’une autre.
Mais une question me taraude l’esprit.
Pourquoi ?
Je déboule devant lui, déblatérant des propos que n’importe qui de censé – moi y compris – prendrait pour de la folie pure, et voilà qu’il cherche à m’aider.

- C’est… Vraiment très aimable à vous, mais je… Juste une simple question, si vous permettez. Pourquoi ?

C’est vraiment une question que je me pose. Il aurait pu partir depuis belle lurette, me laisser ici, appeler l’asile, prendre peur, ou je ne sais quelle autre réaction un tant soit peu censée.
Et pourtant…

- Pourquoi faites-vous ça ?

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Jeu 10 Mai - 13:09
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Ma foi.
S’il a envie de dormir dans la rue, grand bien lui fasse. Je lui propose une solution plus ou moins durable afin qu’il ne soit pas totalement désemparé. Aucune contrepartie. Pas de loyer, pas de nourriture à payer. Le temps qu’il essaye de se remettre sur pied d’une manière ou d’une autre, je ne chercherai pas à le virer. Qu’il ne soit pas totalement inactif, somme toute.
Après, allez savoir s’il va accepter. Je reste un parfait inconnu à ses yeux. Il doit sûrement se demander pourquoi je lui propose cette solution. Ou me prendre pour un fou ou un naïf. Mais s’il est vraiment le fils Walker, je ne vois pas pourquoi je ne l’aiderais pas. Après tout, mieux vaut ne pas être seul dans cette situation. Je parlerai de lui à l’Organisation, afin de savoir s’ils sont en mesure de l’aider ou non. Fouiner un peu partout, c’est leur métier.

- Je… C’est… Vraiment très aimable à vous, mais je… Juste une simple question, si vous permettez. Pourquoi ?

Que faisait le fils Walker comme métier déjà ?
Décidemment, je ne m’en souviens plus non plus.
Mais je me dis qu’il pourrait potentiellement être utile à l’Organisation. Je crois me souvenir qu’il avait refusé de reprendre l’affaire de son père, condamnant de lui-même l’exploitation forestière. Mais pourquoi avait-il refusé de suivre les traces de son paternel ? La raison m’échappe.

- Pourquoi faites-vous ça ?

Je laisse planer un léger silence.
Il est vrai que la question est légitime.
Et s’il refuse, je ne vais sûrement pas lui courir après.

- Dites-vous que c’est par simple charité. Rien de plus.

Je pointe le bout de la rue en finissant mon café.
Au moins, le point positif de cette histoire, c’est qu’il n’aura finalement pas commandé de whisky. S’il aurait dû se le payer, il aurait probablement gâché de l’argent pour rien. Il est vrai que les gros problèmes d’argent que j’avais ont été un fabuleux moyen de me faire arrêter de fumer. Du moins pendant un temps.

- J’habite au bout de la rue, dans un petit immeuble de quelques étages. Cinq minutes de marche suffisent pour s’y rendre. Si vous avez besoin, je pourrais toujours vous fournir un plan, à défaut de pouvoir vous expliquer comment fonctionne votre engin.

Je montre son téléphone.
Je me demande sincèrement ce qu’il va en faire. Peut-être va-t-il se réhabituer à toutes ces nouvelles choses, mais peu de chance qu’il y parvienne du jour au lendemain. Il va sûrement être perdu un sacré bout de temps avant de pouvoir se repérer tranquillement. Et je me vois mal lui dire qu’il pourrait parfaitement se repérer avec son téléphone, voir sa position en temps réel et se voir se déplacer dessus. Déjà que l’idée même que ce qu’il tient entre les mains soit bel est bien un téléphone doit lui sembler bien étrange…

- Je possède un oiseau, j’espère que vous n’êtes pas allergique.

Ah oui, c’est vrai…
Norman.
Ce n’est pas un canari. Je doute sincèrement qu’il ait déjà vu un perroquet dans le courant de sa vie. Je me demande comment il va réagir une fois en face de lui. Norman est habitué aux humains, il sait même parfaitement parler. D’ailleurs, je me demande également comment il va réagir lorsqu’il va se rendre compte que mon perroquet parle. Il se peut que ce soit drôle. J’ai hâte de voir ça.
Je range mes copies, finis mon café en vitesse puis me lève.

- Alors ?

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- Pourquoi faites-vous ça ?

Un ange passe. Je le regarde.
Ma question est légitime. Et s’il décide de refuser, je ne vais certainement pas insister.
Mais disons que je n’ai jamais été habitué à ce que les gens agissent gratuitement de pure bonté de cœur.

- Dites-vous que c’est par simple charité. Rien de plus.

Ah.
Et bien… Je suis sûr que ce n’est pas la vérité vraie, mais…
C’est toujours mieux que de passer mes nuits dehors. Surtout alors que je ne connais rien de cette époque.
Cette pensée-là me réjouis.
Puis je reporte à nouveau mon attention sur Charlie.
Quelque chose me dit qu’il sait des choses. Et puis son « Organisation ». S’il peut me mener à eux…
Peut-être le suivre, en tout cas pour un temps, est-elle la meilleure chose à faire.

- J’habite au bout de la rue, dans un petit immeuble de quelques étages. Cinq minutes de marche suffisent pour s’y rendre. Si vous avez besoin, je pourrais toujours vous fournir un plan, à défaut de pouvoir vous expliquer comment fonctionne votre engin.

Un plan ? De Waterside ? Mon premier réflexe serait de lui répondre que je vivais là avant lui, que je n’ai pas besoin d’un plan. Puis je me rappelle que la ville doit avoir changé. En tout cas je l’espère.
Je serai bien déçu que la ville n’ait pas évolué.
Par contre, mon « engin », quel rapport a-t-il avec le fait de me repérer ? On ne se repère pas avec un téléphone, voyons. Il a vraiment les idées claires ?
Je lui jette un regard sceptique.

- Un plan… Pourquoi pas.

Même si psychologiquement, me repérer avec un plan dans ma propre ville natale me perturbe.

- Je possède un oiseau, j’espère que vous n’êtes pas allergique.

- Ah…

Un oiseau… Ma foi, dommage. J’aurais espéré qu’il ait un animal de compagnie plus…félin.

- Non, je n’ai aucune allergie connue, ne vous inquiétez pas.

Un nouveau silence pèse sur la table alors que le professeur range ses copies et finit son café.
Tapotant du bout des doigts sur la table, je réfléchis toujours.
Aller vivre chez un total inconnu n’est toujours pas une idée qui me réjouis au plus haut point.
J’espère ne pas faire la mauvaise décision.

- Alors ?

Il se lève et me regarde, attendant ma réponse.
Je soupire. Soit.
Je vais faire comme toujours, quand je n’ai pas de solution précise. Faire confiance à mon intuition.
Jusque-là, ça m’a toujours réussi. Excepté en ce qui concerne le soir de ma chute, mais bon… Mettons ça sur le compte de… De quelque chose.
Je range le téléphone dans la poche de mon manteau puis me lève.

- Alors, soit. J’accepte votre aimable proposition. Et je vous remercie. Sincèrement, dis-je en appuyant sur ce dernier mot.

Voilà. Je suppose que ma nouvelle vie débute. Un peu comme une renaissance, dans ma bonne vieille Waterside.


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